LE NOM DES MALEŠEVAC ET LES NOMS DE FAMILLE DES MALEŠEVAC

On cite le nom de famille des Maleševac, comme on a déjà dit, dans les documents, pour la première fois en 1374. D’après la tradition, on dérive le nom des Maleševac ainsi que leur origine, du duc Maleš. À ce qu’il paraît, les Maleševac sont identiques avec les Malešević au district Rudine, lesquels on mentionne dans les anciens documents. Ainsi, en 1477. on mentionne Obrad Dobrančić des Malešević du district Rudine dans les documents de la ville Kotor ( de Mallesevich de Rudine).[1]

 

On mentionne récemment dans la bibliographie une variation du nom des Maleševac, les Mališevac. Il s’agit, sans doute, de la prononciation changée au minimum du nom de famille plus ancien et plus correcte (les Maleševac).[2]

 

Le prénom Maleš était relativement fréquent dans les époques antérieures, mais au présent il a presque disparu. On a noté ce prénom dans les recensements turcs de Belgrade et de son environnement au XVe et au XVIe siècles, dans les documents autrichiens de la première moitié du XVIIIe siècle concernant la même région, ensuite sur les monuments serbes entre XVe et XVIIIe siècles, dans les documents écrits dans la ville Sombor au milieu du XVIIIe siècle, ainsi que parmi les gardiens de la frontière serbes en Krajina au XVIe et au XVIIe siècles. Récemment, dans la deuxième moitié du XIXe siècle précisément ou dans la première moitié du XXe siècle ce nom de famille était encore en usage dans la région de la ville Travnik en Bosnie, dans la région de la ville Mostar en Herzégovine, dans la ville Sombor et aux environs, ainsi que dans la ville Ada et aux environs. Il est probable que ce nom apparaissait alors encore quelque part. Ce prénom slave est derivé de l’adjectif « mali» («petit») et la terminaison –eš. Le prénom Maleš apparaissait chez les autres peuples slaves comme par exemple chez les Bulgares. Il faut mentionner qu’on a sauvé le prénom masculin semblable, Maleša, jusqu’au présent.[3]

 

Les Maleševac ont commencé trop tôt à se diviser en branches qui portaient les noms de famille différents. Le changement constant des noms de famille de la plupart des branches de cette famille résultait par un grand nombre des noms de famille chez les Maleševac contemporains. Le premier Maleševac mentionné dans les documents, était Milas ou Milaš des Maleševac ( Milas de Malesseuac – le 14. janvier 1374.), ensuite on a mentionné Bogoslav Radoslavić (en 1393.), Pribjen Peroničić (en 1431.), Raško Radović (en 1444.) etc.[4]

 

Chez les Maleševac, comme chez les autres familles serbes, la plupart des noms de famille est patronymique, c’est-à-dire formé d’après le prénom du fondateur de famille. On peut presque tous ces patronymes diviser en deux groupes essentiels, ceux formés des prénoms slaves et des hypocoristiques, ainsi que ceux formés des prénoms chrétiens, c’est-à-dire des prénoms pris du calendrier ecclésiastique (le plus souvent empruntés du grec, latin ou hébreux). Les anciens noms de famille des Maleševac sont au premier groupe: Radoslavić (le plus ancien nom de famille des Maleševac, noté en 1393.), Stojković (en 1427.), Radovičić (en 1427.), Novaković (en 1427.), Vujković (en 1443.), Radović (en 1444.) et autres anciens noms de famille. Aussi, les noms de famille contemporains qui sont d’origine des Maleševac se trouvent au premier groupe: Blagojević, Budimir, Dragićević, Dragomirović, Živković, Milošević, Obradović, Stanisavljev, Reljin, Uglješin et plusieurs d’autres noms de famille.[5]

 

Les noms de famille d’origine des Maleševac vivant à l’époque contemporaine et formés des prénoms masculins chrétiens (pris du calendrier ecclésiastique) sont les familles suivantes: Djokić, Jovanović, Lazić, Lukić, Milošević, Marković, Nikolić, Simić et autres noms de famille nombreux. Parmi les noms de famille des anciens Maleševac du XIVe et XVe siècles on ne trouve pas ceux formés des prénoms chrétiens. Les prénoms chrétiens parmi les Maleševac sont relativement rares dans cette époque-là. Parmi eux, en 1477. on pourrait souligner les prénoms suivants “ dans la communauté (džemat) de Radan, le fils de Novak” : Ivaniš, Herak, Tomaš, Djurica, Ninoje, Dimitar (le père de Radonja), Dejan et Stepan. La majorité des prénoms dans cette communauté était presque uniquement d’origine slave.[6]

 

Les noms de famille formés du prénom des ancêtres féminins, c’est-à-dire des matronymes sont au deuxième groupe. On peut aussi les diviser en ceux formés des prénoms féminins slaves et des hypocoristiques ainsi qu’en matronymes, formés des prénoms féminins chrétiens (pris du calendrier ecclésiastique). On peut citer le nom de famille Peroničić (Peruničić) mentionné aux documents en 1431. comme un exemple de l’ancien nom de famille dérivé du prénom féminin slave. Parmi les noms de famille des Maleševac contemporains, formés des prénoms slaves, on va souligner les suivants: Milinčić, Mirić, Ružičić et Stanić. Les noms de famille des Maleševac qui ont le radical un prénom féminin chrétien, c’est-à-dire le hypocoristique sont par exemple ceux-ci: Jelić, Mandić et Marić.[7]

 

Les noms de famille des Maleševac formés d’après le titre ou le métier du fondateur de famille sont présents considérablement. Les familles suivantes qui fêtent St.Ignace ont obtenu le nom de famille formé d’après le métier du fondateur: Knežević, Katanić (“katana” est un soldat – le hussard), Popović, Vojvodić etc. Les familles suivantes ont obtenu les noms de famille formés d’après l’artisanat de l’ancêtre: Kalajdžija (l’artisan qui étame les ustensiles de cuisine cuivreux, l’étameur), Kalajdžić, Kovačević, Dundjerović (dundjer, c’est le masson), Neimarović (la même signification, le masson), Solarović, Kačar (dont l’ancêtre produisait les tonneaux), Kolar et encore plusieurs familles qui appartiennent aux Maleševac.[8]

 

Parmi les familles qui fêtent St.Ignace Porte Dieu, il y a des noms de famille référant à la toponymie, c’est-à-dire formés d’après le village ou la région d’où la famille est originaire. Tels sont les noms de famille suivants : Graovac, Dubravac, Era, Erić, Lipnjac, Planinčević, Mortvanski, Gadjanski, Jegrički, Jegriški et autres.[9]

 

Les noms de famille des Maleševac, formés d’après les caractéristiques physiques ou psychiques des ancêtres, font un groupe particulier. Tels sont les noms de famille suivants : Ćustić (le terme « čust » ou « ćust » est un mot emprunté du turc en serbe et signifie « agile, flexible, adroit, souple »), Trbojević, Rončević (dérivé du radical « boiteux »), Grabić etc.[10]

 

Certaines familles qui représentent les branches des Maleševac ont commencé à porter des noms de famille dérivés des surnoms de leurs ancêtres. Les familles suivantes par exemple portent tels noms de famille : Palikuća, Kundak, Jutrić, Pjevalica et autres familles. On pourrait y ajouter les noms de famille formés d’après les animaux, comme par exemple Jež (le hérisson) et Kos (le merle).[11]

 

La plupart des noms de famille des Maleševac a la terminaison –ić (-ović, -ević). Les noms de famille de cette espèce sont particulièrement fréquents parmi les descendants des Maleševac en Serbie, non compris les régions Voïvodine et Kosovo. Les noms de famille qui ont les terminaisons –ac (par exemple Graovac) ou –nin, présents généralement dans les noms de famille dérivés des toponymes, sont peu nombreux. Les noms de famille qui ont la terminaison –ica (Vilenica, Pjevalica) et les noms de famille sans terminaisons (Ban, Golub, Era, Jež, Kos etc.) sont plus rares. Les deux dernières espèces des noms de famille sont plus fréquents parmi les Maleševac dans les régions de l’ouest du pays, comme par exemple en Herzégovine et en Krajina. En Voïvodine, les branches des Maleševac ont les noms de famille habituels pour cette région. Ce sont les noms de famille patronymiques qui ont les terminaisons –ov, -v, -in (Ignjatov, Petrov, Savanov, Ranisavljev, Stanisavljev, Reljin, Uglješin…) et les noms de famille dérivés des toponymies qui ont les terminaisons –ski, -ški, -čki, -cki (Mortvanski, Gadjanski, Jegrički, Jegriški, Marticki). On n’a pas trouvé les matronymes qui ont la terminaison –in chez les familles qui fêtent St.Ignace.[12]

 

On peut tirer des conclusions des faits présentés, que les noms de famille des familles qui fêtent St.Ignace Porte Dieu correspondent aux règles onomastiques dans les régions éthniques serbes où ils apparaissent. Ces noms de famille sont par ancienneté aussi hétérogènes. Chez certaines branches, les noms de famille ont survécu longtemps, comme par exemple chez la famille Kočić en Bosanska Krajina. Pourtant, la plupart des noms de famille des Maleševac sont de nouvelle date. En moyenne, les noms de famille dans les régions en Krajina et en Herzégovine sont plus anciens, alors qu’en Serbie sans les régions Voïvodine et Kosovo, ils sont de plus nouvelle date. Donc, en Serbie en 1851. le prince Alexandre Karadjordjević a établi le règlement des noms de famille constants. Jusqu’alors, la plupart des gens en Serbie avait des noms de famille dérivés du prénom ou du métier du père (ou de la mère seulement au cas où elle restait veuve avec les petits enfants). Les noms de famille constants étaient plus rares, présents surtout dans les régions de l’est et du sud-est de Serbie.[13]

 

ALEKSANDAR BAČKO

MILORAD ĆUSTIĆ

 

Traductrice

Tanja Mojsilovic (Miljkovic, nom de naissance)

professeur de français

 

 

 

 

[1] Novak Mandić Studo, Srpske porodice Vojvodstva svetog Save, Gacko 2000. (dans le texte suivant: Mandić, Srpske porodice), 417; Risto Kovijanić, Pomeni crnogorskih plemena u kotorskim spomenicima (XIV-XVI siècles), livre II, Istorijski institut SR Crne Gore, Podgorica (Titograd) 1974, 170.

[2] Neđeljko – Neđo Paovica, Zavođe, les recherches anthropogéographiques, S.A.N.U. Srpski etnografski zbornik 101, Naselja i poreklo stanovništva 47, Belgrade 2005. (dans le texte suivant: Paovica, Zavođe), 99-103 etc.

[3] Milica Grković, Rečnik ličnih imena kod Srba, Beograd 1977, 126; Milica Grković, Rečnik imena Banjskog, Dečanskog i Prizrenskog vlastelinstva u XIV veku, Beograd 1986, 117.

[4] Mandić, Srpske porodice, 417; d’après les informations obtenues de monsieur Darko Mandić; Kosto Radov Perućica, Oputna Rudina, Belgrade 1989. (dans le texte suivant: Perućica), 103-104; Jireček 2, 45.

[5] Perućica, 103; voir les annexes à la fin de cet ouvrage.

[6] Ahmed S. Alicic, Poimenicni popis sandzaka vilajeta Hercegovina, Orijentalni institut u Sarajevu, Monumenta turcica, Historiam Slavorum Meridinalium ilustrantia, Tomus sextus, II serie, Defteri, livre 3, Sarajevo 1985, 113; voir les annexes à la fin de cet ouvrage.

[7] Perućica, 103; voir les annexes à la fin de cet ouvrage.

[8] Abdulah Skaljic, Turcizmi u srpskohrvatskom jeziku, Ve édition, Sarajevo 1985. (dans le texte suivant: Skaljic), 227, 386, 400; voir les annexes à la fin de cet ouvrage.

[9] Voir le chapitre cosacré aux familles dont les traditions ne sont sauvées qu’au moindre degré dans la région de Banat, ainsi que les annexes à la fin de cet ouvrage.

[10] Škaljić, 182, voir les annexes à la fin de cet ouvrage.

[11] Voir les annexes à la fin de cet ouvrage.

[12] Voir le chapitre consacré aux familles dont les traditions ne sont sauvées qu’au moindre degré, dans la région de Banat, ainsi que les annexes à la fin de cet ouvrage.

[13] Velibor Lazarević, Srpski imenoslov, extraits choisis, Beograd 2001, 290-291, 298-299; Branko Peruničić, Grad Valjevo i njegovo upravno područje 1815-1915, Valjevo, 1973, 663-666; Dragoljub Stevanović, U Srbiji prezimena zvanično uvedena sredinom XIX veka, Politika, Beograd, le dimanche 15. novembre 1998, 15.

LE NOM DES MALEŠEVAC ET LES NOMS DE FAMILLE DES MALEŠEVAC

LES MIGRATIONS, LE RANGEMENT ET LE NOMBRE DE FAMILLES QUI FÊTENT ST. IGNACE

La famille des Malesevac a été fondée en Herzégovine, où certaines branches de cette famille ont survécu jusqu’au présent. C’est pourquoi la fête de St.Ignace est relativement fréquente dans cette région-là. On peut dire assurément que ces familles ne font qu’une petite partie des habitants orthodoxes de cette région-là. On peut dire presque la même chose pour les régions que les habitants d’Herzégovine peuplaient au cours des siècles, d’une manière directe ou indirecte. A part la Bosnie, ce sont des régions Lika, Kordun, Banija et Dalmatie à l’ouest du pays, Slavonie et Voïvodine au nord du pays et Sumadija, la Serbie de l’ouest et la Serbie du sud-ouest à l’est du pays.

 

À la fin du XIXe siècle, en 1884./86. précisément, on a noté 22 957 familles au total fêtant la fête religieuse de famille dans le territoire de l’archidiocèse Dabrobosniaque qui comprenait alors la Bosnie entière sans Herzégovine et sans la région aux environs des villes Zvornik et Tuzla, à l’est du pays. 331 familles parmi eux fêtaient St. Ignace, ce que faisait 1,44% du nombre total de familles de cette région-là. Concernant la frequence, cette fête occupait onzième place, c’est-à-dire elle n’était pas fréquente. Les Bosniaques qui fêtaient St.Ignace immigraient d’Herzégovine dans les périodes différentes, d’une manière directe ou indirecte. Parmi ceux qui fêtent au présent St. Ignace, les plus anciens immigrés vivent en Bosanska Krajina (la famille Kocic et autres). Ils sont venus là-bas avec les anciennes migrations serbes, à la fin du XVe siècle et au cours du XVIe siècle, à l’époque où la population serbe dominait en Bosanska Krajina. Certaines branches des familles de Krajina se déplaçaient plus tard, en partie plus loin à l’ouest. L’autre partie de ces immigrés se déplaçaient à l’est, au centre, au nord et à l’ouest de Bosnie où ils se mélangeaient avec des immigrés plus récents, venant d’Herzégovine (en général au cours du XVIIIe et du XIXe siècles). Parmi ces immigrés d’Herzégovine il y en avait de ceux qui fêtaient St.Ignace et qui étaient plus nombreux que les immigrés venant de Krajina qui fêtaient cette fête.[1]

 

La plupart de ceux qui fêtaient St.Ignace immigraient d’une manière indirecte à travers Bosanska Krajina dans les régions Lika, Kordun, Banija et Dalmatie. Les familles qui immigraient directement d’Herzégovine ou d’une autre région étaient en minorité.

 

En 1898. il y avait 99 familles qui fêtaient St.Ignace au diocèse de Pakrac ( l’ouest et la partie centrale de Slavonie et la Croatie du nord). Ils faisaient une petite partie parmi les habitants orthodoxes de ce diocèse. Les familles les plus nombreuses parmi eux étaient celles qui immigraient indirectement à travers la Bosnie ou Gornja Krajina.[2]

 

Les familles qui fêtaient St.Ignace en Serbie du sud-ouest et de l’ouest immigraient d’Herzégovine et de Bosnie. Les immigrés d’Herzégovine qui fêtaient St.Ignace étaient nombreux au sud –ouest de Serbie centrale, alors que le pourcentage des immigrés de Bosnie augmentait plus loin au nord.

 

Les familles qui fêtaient St.Ignace immigraient des régions diverses, surtout du sud-ouest et de l’ouest du pays dans la région de Sumadija. Certaines familles immigraient directement d’Herzégovine, mais les familles qui immigraient indirectement à travers la Serbie du sud-ouest et de l’ouest étaient plus nombreuses. L’immigration de ces familles se déroulait au cours du XVIIIe et du XIXe siècles, au temps où les ancêtres de la plupart des familles de Sumadija immigraient. D’après les données de 1877. à Belgrade, parmi 2 334 familles, dont on connaissait la fête religieuse de famille , il y en avait 11 qui fêtaient St.Ignace, ce que faisait 0,47%. En 1895. à Belgrade on a noté 2 806 familles dont on connaissait la fête religieuse de famille. Il y avait 10 familles parmi eux qui fêtaient St.Ignace, ce que faisait 0,35% du nombre total de familles qui fêtaient. D’après le recensement de 1928. il y avait 11 050 familles belgradoises au total fêtant la fête religieuse de famille. Parmi eux, il y en avait 53 familles fêtant St.Ignace. Le nombre approximatif de ceux qui fêtaient St.Ignace était 0,48%. Donc, entre 1877. et 1928. le nombre de familles à Belgrade qui fêtaient St.Ignace était minime, ce que faisait moins de 0,5%. Ces familles, comme la plupart des habitants de Belgrade étaient relativement les nouveaux immigrés, venant des régions diverses.[3]

 

En Monténégro d’aujourd’hui, les familles qui fêtent St.Ignace Porte Dieu se trouvent presque uniquement sur le territoire d’Herzégovine de Monténégro. En premier lieu, ce sont des régions dans la proximité directe de la ville Bileca, par exemple Oputna Rudina. Il s’agit des anciens immigrés dans la région d’Oputna Rudina, c’est-à-dire des immigrés venus directement de la région de la ville Bileca. Cette fête presque n’existe pas dans les régions du sud et du sud-est de Monténégro d’aujourd’hui.

 

Dans la région de Kosovo et Métochie on peut distinguer deux générations de familles qui fêtent St.Ignace. Plus ancienne génération, dont les ancêtres vivaient là, depuis le début du XIXe siècle et auparavant, ne connaissent que les migrations locales de leurs ancêtres, mais il n’y a aucun doute qu’ils sont aussi d’origine de l’ouest du pays. Au début du XXe siècle on a colonisé un nombre de familles qui fêtent St.Ignace, d’Herzégovine qui représentent plus nouvelle génération d’habitants.

 

Les familles qui fêtaient St.Ignace immigraient en Voïvodine de toutes les régions mentionnées. Leurs migrations étaient intensives depuis La Grande migration des Serbes (en 1690) jusqu’au présent. Parmi les Serbes dans les régions Srem et Banat, la fête de St.Ignace était relativement fréquente (comme dans les régions de l’ouest et du sud-ouest) mais on la considère encore comme une fête rare. Il n’y a pas assez de données éditées pour la région de Backa, d’après lesquelles on pourrait donner des conclusions, mais on trouve que là-bas la situation est probablement semblable ainsi que dans les régions de Banat et Srem. Cependant, on connaît que certaines familles qui fêtent St.Ignace comme par exemple les familles Golub, Apic, Djurin (Djuric) et Pajcic arrivaient pendant La Grande migration, même jusqu’aux régions d’Hongrie du nord. Ils immigraient au village Pomaz près de la ville Sentandreja.

 

Dans la Serbie de l’est, les familles qui fêtaient St.Ignace faisaient moindre pourcentage que dans les régions plus de l’ouest. Par exemple, il n’y avait pas de familles qui fêtaient St.Ignace dans la région Negotinska Krajina et Kljuc de cette époque, tandis qu’il y en avait dans les régions Timok et Banja. En Serbie de l’est il y avait plusieurs familles d’origine bulgares qui fêtaient St.Ignace et ils étaient d’origine différent que les autres familles.[4]

 

Dans les régions plus larges, il n’y avait pas presque de familles qui fêtaient St.Ignace. C’est le cas de la Serbie du sud-est et de la Macédoine. Alors qu’on a trouvé seulement une famille qui fête St.Ignace en Macédoine ( elle aussi a récemment immigré de la région de Banat), on n’a trouvé aucune famille qui fête St.Ignace en Serbie du sud-est. On n’a noté qu’une famille dans la région de Sumadija, Belica qui est d’origine des environs de la ville Leskovac. Étant donné qu’en Macédoine et en Serbie du sud-est il n’y a presque pas des plus anciens immigrés d’Herzégovine et de Monténégro, on peut confirmer que toutes les familles qui fêtent St.Ignace sont d’origine des Malesevac d’Herzégovine.[5]

 

En général, les familles qui fêtent St.Ignace Porte Dieu font un pourcentage minime de la population serbe. Leur contribution dans le nombre total de familles qui fêtent St.Ignace et dans les régions où ils sont le plus présents, en Bosnie par exemple, ne fait que 1,47%, dans les autres régions, à Belgrade par exemple leur contribution est moindre (0,35% – 0,48%), alors qu’en certaines régions, Macédoine par exemple ou Serbie du sud-est, il n’y en a presque pas. C’est le phénomène évident que les familles qui fêtent St.Ignace dans plus grand nombre vivent en Herzégovine et dans les régions où la population venant d’Herzégovine immigrait au cours des siècles. Avec la diminution du pourcentage de la population d’origine direct ou indirect d’Herzégovine diminue la contribution de familles qui fêtent St.Ignace. Le branchement et le déplacement des Malesevac de leur plus ancien domicile du village Malina, près de la ville Bileca a commencé trop tôt, au cours du Moyen Âge. Au début, leur déplacement a eu lieu en Herzégovine, alors qu’au début du XVIe siècle ils commençaient à immigrer dans les autres régions, d’abord en Bosnie. La suite de l’augmentation de natalité et du branchement de certaines familles des Malesevac, tant au village Malina que parmi les immigrés menaient aux nouveaux déplacements. À ce moment-là, il y avait des migrations secondaires des Malesevac. Les conflits fréquents et autres causes dans ces regions qui influençaient les migrations massives jusqu’au présent, influençaient aussi les migrations des Malesevac dans les régions larges.

 

ALEKSANDAR BAČKO

MILORAD ĆUSTIĆ

 

 

Traductrice

Tanja Mojsilovic (Miljkovic, nom de naissance)

professeur de français

 

 

 

[1] Djordje Janjatovic, Prezimena Srba u Bosni, Sombor 1993, 11-12.

[2] Sematizam pravoslavne srpske eparhije pakracke za godinu 1898, Pakrac 1898, 3-44. (annexe à pagination separée).

[3] Dragomir Antonic, Koliko Srba u Beogradu slavi slavu, Glasnik Etnografskog instituta S.A.N.U. livre 44, Beograd 1995, 208, 214-218.

[4] Kosta Jovanovic, Negotinska Krajina i Kljuc, S.K.A., Srpski etnografski zbornik,55, Naselja i poreklo stanovnistva 29, Beograd 1940, 134-140.

[5] Jovan F. Trifunoski, Kumanovsko-Presevska Crna Gora, S.A.N.U. Srpski etnografski zbornik 62, Naselja i poreklo stanovnistva 38, Beograd 1951, 113. Јован Ф. Трифуноски, Поречито на Кадина Река, Филозофски факултет на Универзитетот-Скопје, Историско-филолошки оддел, Посебна изданија, книга 3, Скопје 1952, 43-44; Миленко С. Филиповић Дебарски Дримкол, Скопље 1939, 108-109; Трифуноски Јован Ф. Слив Маркове Реке, антропогеографска посматрања, Филозофски факултет на Универзитетот – Скопје, Историско-филолошки оддел, Посебни изданија, книга 7, Скопје 1958, 94; Петар С. Јовановић, Порече, С.К.А. Српски етнографски зборник 51, Насеља и порекло становништва 28, Београд 1935, 299; Тома Смиљанић, Кичевија, С.К.А. Српски етнографски зборник 51, Насеља и порекло становништва 28, Београд 1935, 398-400; Миленко С. Филиповић, Северна Велешка села, С.К.А. Српски етнографски зборник 51, Насеља и порекло становништваа 28, Београд 1935, 530, 563 et autre bibliographie nombreuse.

LES MIGRATIONS, LE RANGEMENT ET LE NOMBRE DE FAMILLES QUI FÊTENT ST. IGNACE

Милорад Ћустић – биографија

Господин Милорад Ћустић је рођен у Чуругу у Шајкашкој области, 13. октобра 1954. године, од оца Саве Ћустића и мајке Милице, рођене Пећић. Његова фамилија потиче из Осиње, насеља лоцираног између Тешња и Дервенте, у Републици Српској.

 

Основну школу и веронауку господин Милорад Ћустић похађао је у свом родном месту. Са родитељима се преселио у Француску током 1969. године. У Паризу је завршио основну и средњу школу.

 

Након отслуженог војног рока 1975/76. године, венчао се са Анком рођеном Наумов и вратио се у Француску, где су му се родиле ћерке Милица, Маријана и Мирјана, унуци Лука, Милан, Марко и Миле, као и унуке Лиза и Лилу. Између осталих послова, био је професор у школи за угоститељство. Данас је у пензији и са својом фамилијом живи у Француској.

 

Господин Ћустић је био иницијатор и велики покровитељ монографије „Малешевци – род који слави Светог Игњатија“. Она је била публикована 2007. године, као 1. књига у едицији „Зборник за српску етнографију и историју“ Удружења грађана „Српски деспот“. Аутор је био Александар Бачко.

 

За члана Почасног савета Удружења грађана „Српски деспот“, господин Милорад Ћустић именован је у Београду, 3. јуна 2007. године, једногласном одлуком чланова Скупштине овог Удружења.

 

Господин Милорад Ћустић је коаутор (са Александром Бачком) и главни покровитељ монографије „Беомужевић и Стапар код Ваљева – О појединим породицама тамнавског, подгорског и колубарског краја“. Ова монографија је 2011. године публикована као 6. књига у оквиру едиције „Зборник за српску етнографију и историју“.

 

Господин Милорад Ћустић је коаутор и велики покровитељ монографије која ће ускоро бити публикована, „Чуруг – преци и потомци“ (други коаутор је Александар Бачко).

 

Такође је коаутор етнографско – историјске монографије у настанку, „Срби Тешањског, Дервентског и Прњаворског протопрезвитерата“ („Срби северне Босне“), заједно са Александром Бачком. Господин Ћустић је уједно и главни покровитељ ове монографије.

 

Господин Ћустић био је велики покровитељ књиге „Породице далматинских Срба“ и главни покровитељ монографије „Из прошлости сентандрејских породица“ аутора Александра Бачка. Ове монографије публиковане су као 2. и 3. књига едиције „Зборник за српску етнографију и историју“, у Београду, током 2008. и 2009. године.

 

Активно се бави истраживањима порекла становништва Чуруга, изучавањима корена родова са славом Свети Игњатије, као и српских породица које живе на подручју тешањског, дервентског и прњаворског краја.

 

Господин Милорад Ћустић је такође веома активан у српском друштвеном и културном животу у Француској. Члан је културно – уметничког друштва „Младост”. Један је од оснивача париског клуба „Домовина”, чији је потпредседник био у једном периоду.

 

У оквиру наведеног клуба, који организује различите културне и уметничке програме, заступљени су и истоимени радио програм, као и фудбалски клуб. Господин Ћустић је организовао гостовања и концерте наших истакнутих естрадних уметника у Француској.

Милорад Ћустић – биографија

LE VILLAGE MALINA ET LE HAMEAU ZUDOJEVIC PRÈS DE LA VILLE BILECA

Le village Malina est un ancien siège des Malesevac. Au présent dépeuplé, ce village se trouve entre les villes Bileca et Trebinje. Au début du XXe siècle, Malina appartenait à la commune Zarjecje. Les habitants du hameau voisin Zudojevic possedaient ses champs, c’est-à-dire “quelques plaines” sur le territoire de Malina. Le territoire où se trouvait le village Malina, appartient au présent au hameau Zudojevic. On estime que le nom de famille des Malesevac est lié étymologiquement au nom de Malina.[1]

 

Malina est une cuvette, fermée de trois côtés. Ce village est caché et convenable comme habitation. C’était “ un oasis naturel où la vie était possible, même pendant divers dangers inattendus”. La montagne Malinska gradina se trouve au-dessus du village Malina, à 720 mètres d’altitude. Le village Malina se trouve au sud-est de cette montagne. Malina est “une localité caractéristique, tant hydrologique que géomorphologique”.[2]

 

Le Ruisseau de Malina (Malinski Potok) se trouve à côté du village de même nom. Il sourd dans la cuvette Malina, au sud-ouest du hameau Zudojevic, à proximité de ce hameau. Il s’agit d’une source perpétuelle avec une grande quantité d’eau, surtout dans une période pluvieuse. L’eau potable de bon qualité sourd en cet endroit, dont la température est constamment à peu près 10°C. Le Ruisseau de Malina coule comme un torrent à travers les hameaux Zudojevic et Skrobotni. Ce ruisseau est court, mais en automne il a tellement de puissance qu’il met en marche les moulins. En été, il ne tarit pas. Les habitants des hameaux Zudojevic et Skrobotni ont capté l’eau de la source Malina jusqu’à leurs maisons. Ils l’ utilisent entre autre pour arroser leurs jardins.[3]

 

On a sauvé certains tombeaux à Malina, comme des fouilles du passé. Ils sont tous quadrangulaires, “dont la plupart horizontale…dont la plupart griffonnés; il y a des images représentants les humains et les animaux; on a gravé un croissant sur la plupart d’entre eux, certains ont un modelé régulier d’une arbalète. On n’a pas trouvé aucune inscription sur ces tombeaux“. Cette description se rapporte tant aux tombeaux à Malina qu’à ceux aux hameaux voisins Zudojevic, Mustijalje et Kljenak, semblables aux tombeaux à Malina. Il y a même 45 pareils tombeaux sur l’étendue d’environ 15 mètres au diamètre au hameau Zudojevic.[4]

 

Des fouilles de l’ancien village existent aussi à Malina. C’est exactement cet ancien village dépeuplé où vivaient autrefois les membres de la famille Malesevac. Ce village se trouve à proximité de la source déjà mentionnée du Ruisseau de Malina. On a gardé les vieilles bornes à Malina. Le nom de la colline Malinska Gradina, au-dessus de Malina témoigne de l’existence d’un bourg sur cet endroit. La région Gomila se trouve entre Malina et le col Preslo. On a localisé là-bas plusieurs fosses préhistoriques.[5]

 

On trouve les vestiges de l’ancienne église dans la région du hameau Zudojevic, consacrée à St.-Ignace Porte Dieu, laquelle a été édifiée par les ancêtres des Malesevac. On ne connaît pas précisément l’époque où cette église a été édifiée. On estime que les Turcs l’ont détruit, mais on ne connaît pas l’époque de sa destruction. Monsieur le professeur défunt Novak Mandic Studo, écrivait que les murs de l’église ont été sauvés ainsi que «le saint trône sur le petit pilier pierreux». Il y a des pierres ornées, faites des stèles médiévales, bouchées dans les murs aux coins de l’église». La tombe du prêtre Obrad Malesevac, portant l’épitaphe relativement en bon état, se trouve dans cette église. Cette ancienne épitaphe sans doute, ne porte pas de date.[6]

 

On mentionne le village Malina dans le recensement nominal de la population d’Herzégovine en 1475./77. On mentionne alors ce village ensemble avec le hameau Skrobotni («Skrobodna») comme une habitation hivernale de la communauté («dzemat») de Radan, le fils de Novak. Cette communauté comptait 25 maisons et 3 maisons appartenant aux hommes célibataires. L’habitation estivale des membres de cette communauté était dans le village Korocica. D’après la division administrative de cette époque-là, le village Malina appartenait au district Rudine. Le terme «dzemat» dans ce recensement désigne une communauté bergère, ou un chalet, composée souvent des familles de parenté proche. La traduction littérale de cet emprunt turc en serbe signifie «le groupe», «la société», c’est-à-dire «la communauté» ou «la commune». Chaque «dzemat» avait son chef («dzematbasa») qui portait presque toujours le titre de prince en Herzégovine. Parfois le chef de dzemat portait le titre de duc. Puisque Radan, le fils de Novak était le chef de dzemat qui comportait le village Malina et ne portait aucun titre particulier, ainsi on peut supposer qu’il se nommait le prince (dzematbasa).[7]

 

Les maîtres de maison dans ce dzemat étaient alors: Radan, le fils de Novak ( le chef de dzemat), Ivanis, le fils de Dobri, Herak, le fils d’Obrad, Radasin, le fils de Brajko, Dragoje, le fils de Brajko, Obrad, le fils de Radoje, Smoljan, le fils de Radoje, Dragisa, le fils de Radoje, Radun, le fils de Milic, Vukosav, le fils de Brajko, Vucihna, le fils de Brajko, Jelovac, le fils de Brajko, Radonja, le fils de Dimitar, Tomas, le fils de Viko, Vukac, le fils de Dobrasin, Vukic, le fils de Dobrika, Djurica, le fils d’Okrojica(?), Ninoje, le fils de Milsa, Radko, le fils de Ljubisa, Dejan, le fils de Hranislav, Obrad, le fils de Bogdan, Vukac, le fils d’ Ostoja, Stepan, le fils d’Ostoja, Milorad, le fils de Brajan et Glovadil(?), le fils de Plavsa. Les hommes célibataires étaient alors: Stanko, le fils de Dobrasin, Radosav, le fils de Radule et Radosav, le fils de Ljubisa. Certainement, tous les maîtres de maison déjà mentionnés, ou la grande majorité d’entre eux, étaient les membres de la famille Malesevac. On base cette appréciation sur le fait qu’il n’y a d’autres habitants connus de Malina sauf les membres de cette famille. En outre, on connaît que les Malesevac se sont très précocement répandus au hameau Skrobotno. D’après ce document, leur déménagement s’est déroulé avant les années soixante-dix du XVe siècle.[8]

ALEKSANDAR BAČKO

MILORAD ĆUSTIĆ

 

Traductrice

Tanja Mojsilovic (Miljkovic, nom de naissance)

professeur de français

 

 

 

[1] Jevto Dedijer, Bilećke Rudine, C.K.A. Srpski etnografski zbornik 5, Naselja srpskih zemalja 2, Belgrade 1903. (dans le texte suivant: Dedijer, Bilećke Rudine), 802 – 806; Jevto Dedijer, Hercegovina, les études anthropogéographiques, Veselin Masleša, la bibliothèque «Kulturno nasljeđe« , Sarajevo 1991, 72, 81; Momčilo Đurić, Onomastika Ljubomira, S.A.N.U. Belgrade 1985. (dans le texte suivant : Đuric), 209; Neđeljko – Neđo Paovica, Zavođe, les recherches anthropogéographiques, S.A.N.U. Srpski etnografski zbornik 101, Naselja i poreklo stanovništva 47, Belgrade 2005. (dans le texte suivant: Paovica, Zavođe), 100.

[2] Paovica, Zavodje, 14, 119.

[3] Dedijer, Bilecke Rudine, 803; Paovica, Zavodje, 14, 119.

[4] Dedijer, Bilecke Rudine, 805; Novak Mandić Studo, Malesevski Mandići, Gacko 2001. (dans le texte suivant: Mandić, Malesevski…), 65.

[5] Dedijer, Bilecke Rudine, 805; Đuric, 209; Paovica, Zavodje, 14, 129.

[6] Mandic, Malesevski…,65; d’après les recherches du professeur Novak-Studo Mandic et monsieur Darko Mandic.

[7] Ahmed S. Alicic, Poimenicni popis sandzaka vilajeta Hercegovina, Orijentalni institut u Sarajevu, Monumenta turcica, Historiam Slavorum Meridinalium ilustrantia, Tomus sextus, II serie, Defteri, livre 3, Sarajevo 1985. (dans le texte suivant: Alicic), VI, 113, 655; Abdulah Skaljic, Turcizmi u srpskohrvatskom jeziku, Ve édition, Sarajevo 1985, 236-237.

[8] Alicic, 113; Milićević Risto, Hercegovacka prezimena, Belgrade 2005, 477.

LE VILLAGE MALINA ET LE HAMEAU ZUDOJEVIC PRÈS DE LA VILLE BILECA